
Tous les « pays développés à économie de marché », formule qui s?est imposée à l?ancien « pays industrialisés » connaissent un phénomène de vieillissement de leur population dû à la confluence de trois évènements : la progression incessante de l?espérance de vie*, une démographie en retrait, la conséquence d?un « baby-boom » survenu après la dernière guerre mondiale.
Ainsi, la proportion des plus de 60 ans dans la population française atteint 22 % aujourd?hui et devrait dépasser 30% en 2050. Mais déjà, dans certaines régions, comme la nôtre, les migrations de retraités font que plus de 25 % de la population est concernée. **
Ce vieillissement s?accompagne de surcroît par l?apparition ou l?aggravation de pathologies en nombre croissant avec l?âge, pouvant conduire à des incapacités d?agir, de faire, de se déplacer nécessitant une attention plus ou moins constante, plus ou moins rapprochée.
Un des défis qui résulte de cet accroissement de la durée de vie est de « bien vieillir », lutter contre l?isolement, promouvoir la persistance d?une vie sociale, la mise en place de loisirs adaptés, tout en apportant les soins et solutions à des états de santé plus ou moins chroniques, plus ou moins lourds.
Tout cela pose évidemment un problème de gestion, de moyens financiers énormes, dont une partie considérable revient à la charge des départements.
Gestion qui suppose l?émergence de solutions nouvelles - soins à la personne, adaptation de l?habitat, accompagnement de fin de vie, - qui on le voit déjà ne sauraient se résoudre par l?affectation de toujours plus de personnel.
Même s?il reste à prendre en compte certaines questions éthiques, confier les personnes âgées ou en dépendance à des systèmes issus des techniques d?information et de communication, et au-delà de robotique est donc devenu inéluctable. La meilleure preuve est qu?un nom vient d?être forgé pour les besoins de la cause : les gérontechnologies et ont désormais leur pôle de compétence. (Hôpital Charles Foix à Paris)
Et de plus, les technologies nécessaires n?ont pas à être crées ex-nihilo. Un des problèmes liés à des altérations cognitives ou du jugement, notamment dans les affections neuro-dégénératives est de pouvoir surveiller l?activité de la personne, notamment de pouvoir la localiser en toute circonstance et analyser sa station, debout ou allongée (chutes), toute autre mise en danger de soi-même.
On dispose déjà de systèmes de géo-localisation du type GPS, des indicateurs de proximité avec le sol, de traceurs visuels (caméra), de téléassistance. Les biocapteurs sont un des équipements standard de la chambre d?hôpital. Il reste à les alléger et les relocaliser à domicile. Les moyens de liaison et de communication existent et sont en place, certains depuis 110 ans! : téléphone, réseau internet, fibre optique, Wifi?
Une nouvelle économie spécifique se met en place. Outre le développement de nouveaux emplois, de nouvelles thérapeutiques, de nouvelles molécules (une centaine est à l?étude pour la seule maladie d?Alzheimer).
Dans notre région, une douzaine d?entreprises innovantes dont une en Ariège, sont occupées à imaginer, développer et commercialiser des systèmes appropriés à ces nouvelles problématiques, plus particulièrement à celles permettant l?inter commutation du couple « aidant-aidé ».
Au premier chef personnel et individuel, le vieillissement et la maladie posent des problèmes considérables, de santé, économiques, communautaires. De la gestion que nous en faisons aujourd?hui dépendra que cet évènement naturel de biologie cellulaire, inauguré dès la conception, n?évolue pas, du fait de la circonstance heureuse des progrès de la santé, en catastrophe sociétale avec une charge devenue intolérable ou un refus d?assumer de la part des actifs.
Ou bien, le marché s?emparant de tout, vieillir est-il en train de s?affirmer comme nouvel Eldorado, une sphère d?innovation, un gisement d?emplois, une source d?interrogations sociétales et éthiques ?